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iTunes : vers l'abonnement à l'accès illimité ? (Ratatium) [14.04.2007]
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Steve Jobs a jusque là toujours refusé l'éventualité d'adopter une offre d'abonnement donnant un accès illimité à iTunes, actuellement en perte de vitesse. Pourtant, des rumeurs viennent contredire cette position officielle. Mais une telle offre serait elle la bonne solution pour la plateforme d'Apple ? Rien n'est moins sûr.
Non, contrairement à l'idée reçue, les ventes d'iTunes ne progressent pas. Elles seraient même en léger fléchissement si l'on reprned les chiffres officiels communiqués par Steve Jobs. Fin 2006, Apple annonçait 65 millions d'iPod en circulation contre 46 millions en début d'année dernière, et 1,5 milliards de morceaux de musique vendus sur iTunes. Si l'on prend une base moyenne de 50 millions d'iPod actifs en 2006, nous arrivons à une moyenne de 30 morceaux sur l'année 2006 par iPod vendu depuis le lancement de la marque. En 2004, le ratio était de 33 chansons, avec environ 6 millions d'iPod actifs en moyenne et 200 millions de chansons vendues (merci à Pierre Col pour ces calculs).
Le modèle iTunes semble donc avoir bien du mal à convaincre et à fidéliser, malgré l'augmentation du catalogue et les améliorations apportées à iTunes. Au lieu de s'envoler pour s'en écarter, la courbe des ventes sur iTunes reste quasiment parallèle à la courbe des ventes d'iPod. S'il n'y a plus d'iPod vendu, la musique en ligne payante (qui repose à 80 % sur iTunes) s'écroule aussi ?
Voilà peut-être pourquoi Steve Jobs enjoint les maisons de disques à abandonner les DRM, à l'image d'EMI il y a deux semaines. Mais cela n'est pas suffisant, car iTunes subit de plein fouet la concurrence du P2P. Rien ne dit que la suppression des DRM va suffir à redynamiser la plate-forme, surtout si le prix de la musique sans DRM reste majoré de 30 %.
L'une des alternatives pour contrer les téléchargements gratuits serait alors d'offrir le catalogue d'iTunes en téléchargement complet, facile d'accès, moyennant une somme forfaitaire. Si le patron d'Apple s'y est jusque là toujours refusé (le modèle est trop complexe à appréhender), certaines rumeurs courent pour remettre fortement en cause cette position officielle.
On trouve parmi celles-ci les propos tenus par Les Ottolenghi, le directeur de la plateforme de distribution numérique INTENT MediaWorks. Selon lui, ses contacts avec l'équipe de la firme à la pomme le laissent penser "qu'actuellement, Apple considère sérieusement l'éventualité d'une offre d'inscription, même si ils vous diront certainement le contraire". Ce virement de bord pourrait permettre d'attirer de nouveaux consommateurs, en particulier ceux qui utilisent le P2P.
L'abonnement est-il la meilleure solution ?
D'un autre côté, Ottolenghi prétend que le succès d'Apple par rapport aux autres plateformes réside justement dans le fait de proposer une solution de paiement au titre par titre, et que cette transition ne suscitera pas forcément l'engouement des consommateurs.
L'analyste Phil Leigh, du site Insidedigitalmedia va dans le même sens : "l'idée de souscrire pour de la musique est nouvelle pour la plupart des consommateurs, et si la plateforme dominante n'en parle pas, cette option leur paraîtra marginale". En tout cas, l'industrie phonographique ne désapprouverait pas cette option, vue comme un moyen avantageux de constituer une source de revenus régulière. Mais Leigh, qui croit plus en la parole de Steve Jobs qu'Ottolenghi, ne pense pas qu'iTunes fléchira vers ce type de modèle.
Une récente étude menée auprès de 500 jeunes américains par Piper Jaffray montre que 89 % d'entre eux qui téléchargent légalement de la musique le font sur iTunes, contre 7 % sur d'autres plateformes qui offrent des forfaits de téléchargement illimités, comme Napster, Rhapsody ou Yahoo. Des chiffres qui montrent bien le poids d'iTunes dans le téléchargement légal, qui, en accord avec Leigh, devrait influer considérablement les pratiques de consommation selon sa politique adoptée.
L'étude montre aussi que 36 % des jeunes interrogés utilisent des plateformes payantes, contre 28 % en 2006 et 20 % en 2005. Le même nombre (35 %) se montre prêt à payer 15 $ par mois pour un service payant donnant accès au téléchargement illimité. Mais il est intéressant de noter que ce chiffre n'a pas évolué depuis 2 ans.
Dès lors, on peut comprendre que Steve Jobs ne voit pas l'inscription forfaitaire comme une évolution inéluctable au marché du téléchargement payant, mais comme une simple option parmi d'autres, valant ce qu'elle vaut.
Seul l'avenir nous dira s'il a changé d'avis. Ce serait pour lui le moyen de ramener les DRM, indispensables au modèle locatif, par la grande porte.
Ratatium
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